Soudan: un conflit alourdi de l’extérieur

Limam NADAWA, Centre de Stratégie pour la Sécurité du Sahel Sahara, Centre4s.org

En septembre 1989, quand le général Hassan Omar El Béchir prend le pouvoir, le Soudan est le troisième pays le plus vaste d’Afrique, après l’Algérie et la République démocratique du Congo, avec une superficie de 1 879 358 km². Il oriente son pays dans la voie islamiste, sous la houlette d’un leader des Frères musulman, Omar Hassan El Tourabi. Des conflits de tous genres vont favoriser la sécession du Soudan du Sud, en juillet 2011. Sept ans plus tard, des manifestations pour plus de démocratie et contre la vie chère, vont entraîner le renversement d’El Béchir, par l’armée. Un gouvernement intérimaire est alors mis en place, dirigé par Abdallah Hadok, un économiste et ancien haut fonctionnaire des Nations Unies. Mais des militaires, craignant de perdre leurs privilèges et redoutant de devoir rendre des comptes pour des crimes commis durant des conflits antérieurs, s’attribuent des postes-clés dans ce gouvernement. Ils mettent fin à la transition, en fomentant un autre coup d’État, en octobre 2021. Deux officiers dominent le pouvoir : le général Abdel Fattah Al-Burhane et son adjoint, le général Mohamed Hamdane Daglo dit Hemmeti. Leur rivalité a abouti à l’actuel conflit. De ce point de vue, il n’est pas certain que les populations, désireuses d’un retour à une vie constitutionnelle et victimes de leurs graves exactions, approuvent l’un ou l’autre. D’ailleurs, les États-Unis ont accusé les deux camps de génocide.

Sahel: les forêts, refuges pour terroristes?

Liman NADAWA, Consultant, Centre ses stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara, Centre 4s.org

De plus en plus, des pays sahéliens et du Golfe de Guinée prennent des mesures spéciales pour protéger les forêts de l’emprise des terroristes. En ces endroits difficiles d’accès, ceux-ci y établissent des bases, exploitent des ressources naturelles pour se financer, nouent des liens avec les populations locales qu’ils transforment en bases de recrutements de combattants. Ils y font aussi de la contrebande. S’y livrant à de multiples trafics, ils administrent ces enclaves selon leur propre gouvernance. De là, également, ils montent des attaques surprises contre les Forces de défense et de sécurité (FDS). L’exploitation sauvage des forêts par ces groupes terroristes a contribué à l’expansion du terrorisme au Sahel puis vers le Golfe de Guinée. Avec leurs faibles vecteurs aériens, entre autres, les armées régulières tentent de les combattent.

Sahel: menaces sur sécurité et développement

Ahmedou Ould Abdallah, président centre4s

Le tragique dilemme du Sahel se trouve plus ou moins en cette formule : pas de sécurité sans  développement. Un dilemme dans la mesure où l’inverse – pas de développement sans sécurité – est également établi. Les crises et conflits que vit cette région, le Sahel, depuis les grandes sécheresses des années 1970 et leurs conséquences humaines et économiques ont totalement bouleversées le paysage en particulier humain et sécuritaire. Sur ce contexte se sont ajoutés, ou plutôt greffés, de nombreux effets pervers.

Sahel : les mercenaires sont-ils efficaces contre le terrorisme ? 

Limam NADAWA, Centre des stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara, Centre4s.org 

Face aux immenses défis du combat contre l’hydre terroriste au Sahel, des États ainsi que leurs alliés engagent des mercenaires. Supposés plus aguerris et plus expérimentés, ils sont sensés épauler les armées nationales et leurs supplétifs. Toutefois à l’épreuve, leurs résultats sont plus nuancés, tandis que leurs coûts respectifs se font sentir sur les budgets des pays recruteurs. Leur impact sur les forces de défense et de sécurité (FDS) est également sujet à controverse. Ce recours méritera-t-il un réexamen, lucide et rationnel, après les attaques dont le Mali a été l’objet le 28 mai 2026 ? 

Sahel: pays du Golfe du Bénin dans viseur terroristes

Ahmedou Ould Abdallah Président centre4s 
Annoncée de longue date, y compris par le centre4s, la descente continue du terrorisme du Sahel vers le golfe du Bénin se confirme jour après jour. Au lieu de faire face à cette menace, certains gouvernements préfèrent continuer à accuser des pays étrangers, cultivant ainsi l’idée de complot, si chère aux autorités impuissantes mais si inutile dans les faits.
 
 
 

Sahel: tentaculaire contrebande de cigarettes

Paul AMARA, Consultant, Centre des stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara, Centre4s.org

La contrebande de cigarettes génère, chaque année, plusieurs milliards de dollars dans le monde y compris le Sahel. Ce circuit commercial complexe prend sa source dans les Balkans et aux Émirats arabes unis, passe en Afrique du Nord et s’amarre en Libye, d’où il irrigue le Sahel. La Libye serait, par conséquent, la plaque tournante de la contrebande de cigarettes au Sahel. Une forte corruption, la porosité des frontières et le déficit de coopération entre pays favorisent l’essor de la contrebande de cigarettes. Ces acteurs, identifiables, pullulent également. Il s’agit de grands pays, de grandes marques, de criminels, de fonctionnaires et des terroristes qui écument le Sahel. La dynamique est telle que le combat s’avère titanesque.